• Baya MOKHTARI

    octobre 10, 2013 ()
    Baya MOKHTARI

    Baya MOKHTARI

    Médiatrice socio-culturelle à La Voix des Femmes,

    Baya MOKHTARI a fait du lien social le fil d’Ariane de sa vie. Au quotidien, elle tisse des ponts et des passerelles entre des femmes issues de tous horizons.

    Née en Algérie, rêvant de devenir journaliste-reporter, c’est à Tiziozou que Baya suit ses études dans un établissement pour jeunes filles, le lycée “El Khansa”, du nom d’une poétesse arabe :

     » Je maîtrisais trois langues : le français appris à l’école primaire, le kabyle ma langue maternelle et l’arabe, la langue institutionnelle, imposée à l’issue de l’Indépendance afin que l’Algérie reconquiert son identité. J’apprenais l’anglais aussi Au lycée, j’aimais la poésie, j’aimais aller vers les grands classiques de la littérature même si c’était difficile : Baudelaire, Hugo, etc. Pour moi, c’était un voyage dans le temps et dans l’espace”.

    Cueillant pleinement les fruits de l’Indépendance nouvelle, soutenue par son grand-père paysan qui lui offrit son premier cartable, ayant le goût des études, Baya réussit son bac. Après la période algérienne, c’est l’arrivée en France avec son mari et ses jumeaux de 4 mois. Inscrite à l’Université, il devient néanmoins difficile de concilier les études, la vie de famille et le vécu de l’intégration :

    “J’ai essayé mais j’avais peine à tout concilier. Je me suis alors interrogée sur le sens que j’allais donner à ma vie professionnelle. J’ai trouvé alors un compromis”.

    Baya fréquente tous les lieux de sociabilité, s’ouvre aux associations dont La Voix des femmes où elle s’engage comme bénévole jusqu’au déclic lorsqu’un jour une femme d’un certain âge, maghrébine, lui demande de lui expliquer le fonctionnement de l’association :

    « Rien n’avait été mis en place pour accueillir les femmes dans de bonnes conditions. Le schéma traditionnel était reproduit : les femmes à la maison, les maris au travail !  Le confinement au foyer était aggravé par la barrière de la langue et par le manque de clefs de compréhension de la société qui les entourait ».

    En juin 2000, elle intègre une formation de 6 mois organisée par La Voix des femmes grâce à laquelle elle découvre la Finlande ! Cette formation dont l’objectif est le développement  personnel via la mise en place d’un projet collectif européen lui permet de travailler sur ses acquis, ses envies, ses manques. Puis Baya devient médiatrice sociale et culturelle avec comme spécialisation l’impact de la parentalité dans un cadre interculturel :

    « J’ai pu investir mon double vécu de femme et de mère dans ce projet. J’ai signé mon contrat un jour férié : le 1er novembre 2000 !”.

    Aujourd’hui également conseillère municipale à la Mairie d’Hérouville Saint-Claire, Baya est animée d’une belle force mise au service d’un unique engagement, le respect et le vivre-ensemble…Elle anime des ateliers mieux-être-bien-être à destination des femmes mais aussi des hommes dont elle accompagne la prise de parole sur les sujets les plus intimes.

    Aux femmes qui connaissent davantage l’isolement, les violences, la précarité économique, Baya livre le message suivant :

    “Il ne faut jamais désespérer, ne pas hésiter à se saisir de ses expériences, à s’ouvrir aux autres, à être en phase avec ses convictions. Je vois trop de femmes malades de ne savoir ni lire ni écrire. L’instruction de base est à élargir le plus possible. L’alphabétisation et l’éducation, voici les clefs primordiales de l’autonomie !”.

    ( portrait réalisé par Alexandra Destais)

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